Les taux et la baisse des tensions commerciales soutiendra l'économie, dit le FMI

WASHINGTON - La faiblesse des taux d'intérêt et la réduction des tensions commerciales stimuleront probablement l'économie mondiale au cours des deux prochaines années et contribueront à une croissance stable, quoique modeste, a avancé lundi le Fonds monétaire international (FMI).

L'organisme s'attend à ce que la croissance économique mondiale accélère, passant de 2,9 % l'an dernier à 3,3 % en 2020 et 3,4 % en 2021. L'économie internationale reçoit un coup de pouce important -- 0,5 point de pourcentage de croissance l'an dernier et cette année -- de la part des politiques de faibles taux d'intérêt des banques centrales, a expliqué le FMI dans un rapport sur les perspectives mondiales. La Réserve fédérale américaine, par exemple, a abaissé ses taux trois fois l'an dernier et prévoit de maintenir ses taux à leur faible niveau dans un avenir prévisible.

Et un accord commercial intérimaire signé la semaine dernière par les États-Unis et la Chine -- les deux plus grandes économies du monde -- devrait ajouter 0,2 point de pourcentage à la croissance mondiale cette année en abaissant les tarifs et en améliorant la confiance des entreprises.

L'économie mondiale rebondit après quelques faux pas temporaires, notamment une pause dans le lancement de nouveaux produits technologiques et de nouvelles normes d'émissions qui ont perturbé la production automobile. Pourtant, le FMI prévient qu'elle continue de faire face à un éventail de risques, y compris la possibilité que les tensions commerciales s'intensifient à nouveau. En outre, de nombreux pays ne bénéficient pas de la modeste reprise de la croissance.

Même aux États-Unis, le FMI prévoit un ralentissement de la croissance de 2,3 % en 2019 à 2 % cette année et à 1,7 % en 2021, en partie parce que le coup de pouce que l'économie a reçu en 2017 avec les réductions d'impôts du président Donald Trump s'estompe.

Selon le rapport, la croissance économique au Canada devrait être de 1,8 % en 2020 et 2021, inchangée par rapport aux projections faites en octobre.

L'économie chinoise continuera de ralentir, prévoit le FMI. Sa croissance passera de 6,1 % l'an dernier à 6,0 % en 2020 et à 5,8 % l'année prochaine. Même si l'économie chinoise bénéficiera probablement de la trêve avec les États-Unis, Pékin continue de gérer une transition difficile, passant d'une croissance économique rapide basée sur des investissements souvent gaspilleurs et alimentés par l'endettement à une croissance plus lente, mais plus soutenue, qui s'appuie davantage sur les dépenses de la classe moyenne croissante du pays.

De même, la croissance économique du Japon, entravée par le vieillissement de la main-d'oeuvre, devrait ralentir et passer de 1,0 % l'année dernière à 0,7 % cette année, puis à 0,5 % l'année prochaine.

La croissance collective dans les 19 pays utilisant l'euro devrait s'accélérer progressivement: de 1,2 % en 2019, elle devrait passer à 1,3 % en 2020 et à 1,4 % en 2021.

Les prévisions mondiales du FMI sont légèrement plus sombres que les précédentes, publiées en octobre, principalement en raison d'un fort ralentissement attendu en Inde. La septième économie mondiale devrait croître de 5,8 % cette année, plutôt que de 7,0 %, comme prévu en octobre par le FMI. Pour 2021, la prévision est passée de 7,4 % en octobre à 6,5 %. En outre, des problèmes dans le secteur financier ont réduit le crédit, nuisant aux dépenses de consommation en Inde.

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