La vulnérabilité du marché immobilier canadien est «modérée», dit la SCHL

OTTAWA - La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) a réduit le degré de vulnérabilité de plusieurs villes des Prairies, tout en estimant que l'ensemble du marché de l'habitation canadien demeurait modérément vulnérable.

Dans sa plus récente évaluation trimestrielle, l'agence fédérale du logement fait de Victoria le seul marché présentant un degré de vulnérabilité globale élevé. La SCHL a expliqué que les résultats s'appuyaient sur les données à la fin de septembre et sur l'information disponible au sujet du marché jusqu'à la fin de décembre.

L'économiste en chef de la SCHL, Bob Dugan, a expliqué, lors d'une conférence téléphonique, que des facteurs fondamentaux tels que l'économie et la croissance démographique soutenaient le marché, mais que les évaluations augmentaient.

«Les augmentations des prix réels des logements, corrigés de l'inflation, sur le marché étaient plus importantes que l'augmentation qui peut être expliquée par ces données fondamentales du marché du logement. Il y a donc une légère augmentation de l'estimation moyenne de la surévaluation au cours du trimestre.»

Selon le rapport publié jeudi, les marchés de Toronto et Hamilton connaissent une surchauffe et une accélération des prix, mais cette surévaluation semble rester faible, car la tendance semble toujours suivre les facteurs économiques et démographiques fondamentaux comme le revenu personnel disponible, la croissance de la population et les taux d'intérêt.

La région du Grand Toronto, cependant, a commencé à voir une forte augmentation des hausses de prix au cours des derniers mois, les acheteurs revenant sur le marché alors même que les nouvelles inscriptions diminuent. En janvier, le prix de référence a augmenté de 8,7 % par rapport à l'année précédente, enregistrant son plus grand bond depuis 2017, pendant que le prix moyen a augmenté de 12,3 %, a souligné la chambre immobilière de la région de Toronto.

Cette semaine, le gouvernement fédéral a également modifié la méthodologie de la simulation de crise hypothécaire afin de mieux refléter les fluctuations des taux hypothécaires réels. Le changement, qui entrera en vigueur le 6 avril, devrait rendre les hypothèques un peu plus accessibles, mais pourrait également faire grimper les prix des maisons.

L'économiste Robert Hogue, de la Banque Royale, a averti la semaine dernière que le gouvernement devrait «réfléchir longuement» avant de faire quoi que ce soit qui pourrait stimuler la demande de logements.

«Cela reviendrait à jeter de l'huile sur l'incendie du logement et à saper les efforts pour résoudre le problème de l'endettement des ménages canadiens», a-t-il affirmé vendredi dans une note.

Cependant, de nombreux marchés au Canada demeurent modérés. La SCHL a indiqué que les degrés de vulnérabilité d'Edmonton, de Calgary, de Saskatoon et de Winnipeg avaient été abaissés à «faible», car les signes de construction excessive se sont atténués, tandis que la vulnérabilité de Regina demeure «modérée» en ce qui concerne les problèmes de construction excessive.

La surévaluation sur le marché de Vancouver demeure modérée, tandis qu'elle est jugée faible sur les marchés d'Ottawa, Montréal, Québec, Moncton, Halifax et Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.