Aide aux loyers: le domaine de la restauration réclame des changements

OTTAWA - La promesse de prolonger d'un mois l'Aide d'urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC) a été accueillie avec un haussement d'épaules par le milieu de la restauration qui n'y trouve pas son compte.

«Ce n'est pas parce que les gens ne veulent pas en profiter, c'est parce que le programme a plusieurs déficiences», laisse tomber David Lefebvre, porte-parole de Restaurants Canada, association qui représente 30 000 membres à travers le pays.

D'abord, le programme est conçu de telle sorte que le propriétaire d'un immeuble commercial doit présenter une demande pour ses locataires. Puis, les critères d'admissibilité exigent que les petites entreprises aient perdu en moyenne 70 % de leurs revenus.

M. Lefebvre estime que ces critères sont trop rigides pour les restaurateurs au pays qui ont redoublé d'efforts en pleine pandémie pour faire des ventes, soit avec des commandes pour emporter ou en vendant de l'alcool d'importation privée, par exemple.

«Il y a en a qui regrettent d'avoir rouvert parce qu'ils ne peuvent plus avoir des subventions, parce que c'est mal adapté. Ça, c'est un peu dommage, honnêtement. Ce n'est pas le genre de chose qu'on aime entendre», déplore le porte-parole de Restaurants Canada.

En faisant son annonce, lundi, le premier ministre Justin Trudeau a exprimé le souhait que «les programmes soient adaptés aux besoins et aux réalités des gens» et a laissé entendre qu'il y aurait peut-être de l'aide pour les propriétaires qui ont des problèmes de liquidités.

Selon M. Lefebvre, le temps presse. Selon un récent sondage auprès de ses membres, 10 % d'entre eux auraient déjà mis la clé sous la porte et environ 20 % disent qu'ils fermeront leurs portes si rien n'est fait pour modifier les programmes d'aide du gouvernement.

Les restaurateurs demandent à ce que les seuils d'admissibilité à l'AUCLC soient plus flexibles afin de permettre à un plus grand nombre d'en bénéficier, mais aussi que les locataires puissent présenter eux-mêmes une demande, sans passer par leur propriétaire.

Et puisque les baux commerciaux sont de compétence provinciale, il n'y a pas qu'Ottawa à blâmer. M. Lefebvre presse le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires de s'entendre rapidement pour prolonger le programme et en modifier les critères.