Refus de Caltex: Alimentation Couche-Tard demeure muette

MONTRÉAL - Alimentation Couche-Tard n'a pas voulu dire, mardi, si elle acceptait la main tendue par la société australienne Caltex, qui a rejeté l'offre d'achat bonifiée d'environ 7,8 milliards $ de la multinationale québécoise, tout en l'invitant à réévaluer sa proposition.

Malgré cette nouvelle rebuffade, Caltex a offert à la société établie à Laval, en échange d'une entente de confidentialité, la possibilité d'avoir accès à des renseignements qui ne sont pas publics dans le but de l'aider à préparer une nouvelle offre.

«Nous ne commentons pas les processus d'acquisition et n'avons rien à ajouter sur le sujet pour le moment», a répondu une porte-parole de Couche-Tard, Laurence Myre Leroux, dans une déclaration laconique envoyée par courriel.

Lundi, le conseil d'administration de Caltex a estimé que la valeur de l'offre de Couche-Tard était insuffisante pour les actionnaires.

L'entreprise australienne a expliqué que la proposition ne tenait notamment pas compte de sa «performance constante», de la «trajectoire de sa croissance» à l'international ainsi que de son secteur des carburants et des infrastructures.

«Caltex dispose d'une stratégie bien étoffée, d'atouts privilégiés (...) et d'occasions de croissance intéressantes qui généreront de la valeur pour les actionnaires», a expliqué le président du conseil d'administration de l'entreprise, Steven Gregg.

Celui-ci a ajouté que l'entreprise fournira plus de détails entourant son plan stratégique jeudi, dans le cadre d'une journée destinée aux investisseurs et analystes financiers.

Couche-Tard, qui souhaite doubler sa taille d'ici cinq ans, avait déposé une première offre de 32 $ AUS pour chaque action de Caltex en octobre dernier, mais elle a été rejetée, son prix ayant été jugé inadéquat.

Elle propose maintenant 34,50 $ AUS pour chaque action de Caltex, qui exploite un réseau de quelque 2000 stations-service en plus d'être propriétaire d'une raffinerie et d'actifs de distribution et de transport de carburant.

Si la transaction va de l'avant, elle deviendra la plus importante acquisition de Couche-Tard, qui dit déjà détenir deux pour cent des actions en circulation de Caltex.

Des analystes ont toutefois déjà estimé que l'entreprise québécoise allait probablement allonger davantage si elle désire pouvoir mettre la main sur Caltex et effectuer une percée en Australie pour s'établir dans la région de l'Asie-Pacifique.

«La nouvelle du rejet de Caltex n'est pas tout à fait inattendue (...) et nous nous attendons à ce que l'histoire se poursuive comme cela est souvent le cas dans ces situations», a expliqué l'analyste Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, dans une note envoyée par courriel.

Au prix de 34,50 $ AUS pour chaque action, la proposition de Couche-Tard représente une prime d'environ 16 pour cent par rapport au cours de clôture du titre de Caltex le 25 novembre, avant l'annonce de la réception d'une offre d'achat.

Mardi, à la Bourse de Sydney, l'action de Caltex se négociait à 34,49 $ AUS. Sur le parquet de la Bourse de Toronto, l'action de Couche-Tard cotait à 43,23 $, en baisse de sept cents, ou environ 0,2 pour cent.

Avec quelque 6630 employés, Caltex a généré en 2018 des revenus d'environ 19,6 milliards $ CAN, tandis que son bénéfice net s'est établi à environ 502 millions $ CAN.

Entreprise dans cette dépêche: (TSX:ATD.B)

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