Le bénéfice net d'Hydro-Québec dégringole au troisième trimestre

MONTRÉAL - Malgré une baisse marquée de ses profits au troisième trimestre, Hydro-Québec s'attend à terminer l'année sur une bonne note et atteindre l'objectif fixé par le gouvernement Legault grâce à l'habituel coup de pouce de Dame Nature.

En plus de l'arrivée précoce du froid, la société d'État mise sur les «gros mois» de novembre et décembre afin de l'aider à atteindre, et même dépasser, la somme de 2,7 milliards $ demandée par Québec au chapitre du bénéfice net.

«Il reste toujours le mois de décembre, a souligné vendredi le chef de la direction financière et du risque d'Hydro-Québec, Jean-Hugues Lafleur, au cours d'une conférence téléphonique. S'il y avait des températures plus douces au mois de décembre, on peut facilement perdre 100 millions $.»

La société d'État devra engranger un bénéfice net d'environ 460 millions $ au quatrième trimestre afin de répondre aux attentes de son actionnaire -- le gouvernement québécois.

Après neuf mois, les profits totalisent 2,24 milliards $, par rapport à 2,58 milliards $ il y a un an, une somme qui tenait compte d'un gain non récurrent de 277 millions $ lié à la vente, par Hydro-Québec, d'une participation majoritaire dans sa filiale TM4.

«Nos prévisions, présentement, indiquent que nous pensons être au-dessus (d'un bénéfice net) de 2,7 milliards $», a dit M. Lafleur, sans évoquer la taille du dividende qui serait versé dans les coffres de l'État.

L'an dernier, Hydro-Québec avait versé un dividende record de 2,4 milliards $ après avoir affiché un bénéfice net de 3,19 milliards $, en hausse de 12 pour cent, notamment grâce au gain non récurrent de 277 millions $.

Sous pression

En ce qui a trait au troisième trimestre, qui concernait les mois de juillet, août et septembre, Hydro-Québec a vu son bénéfice net dégringoler d'environ 34 pour cent, notamment en raison de la faiblesse des prix obtenus à l'exportation vers les États-Unis.

Si les volumes se sont maintenus à 10,1 térawattheures (TWh) sur les marchés hors Québec, la faiblesse des prix a eu une incidence négative de 50 millions $ sur les profits. Dans la province, la demande a été «plus forte que prévu, mais moindre» qu'à la même période l'an dernier, ce qui s'est traduit par un impact négatif chiffré à 30 millions $.

Les revenus du troisième trimestre terminé le 30 septembre ont été de 2,77 milliards $, en recul d'environ 4,5 pour cent par rapport à il y a un an.

Les températures moins élevées que l'an dernier, combinées à la popularité grandissante de la technologie photovoltaïque aux États-Unis -- où de plus en plus de citoyens installent des panneaux solaires sur leur domicile -- et la production éolienne, ont pesé sur les prix obtenus sur les marchés hors Québec.

«L'impact, c'est que lorsqu'on arrive pour vendre dans des périodes où il y a beaucoup de solaire et d'éolien, (...) cela limite les prix que l'on est en mesure d'obtenir», a souligné le chef de la direction financière d'Hydro-Québec.

Dans l'État de New York, on parle de 400 mégawatts (MW) de plus produits grâce au solaire et à l'éolien, alors que du côté de la Nouvelle-Angleterre, c'est 700 MW de plus.

Grâce à des contrats de couverture, Hydro-Québec a pu obtenir 3,5 cents le kilowattheure (kWh) sur le marché des enchères, par rapport à quatre cents au troisième trimestre de 2018. Sans cette stratégie, le prix aurait été de 2,9 cents le kWh, a fait remarquer M. Lafleur.

Depuis le début de l'année, le volume des exportations nettes d'Hydro-Québec a dépassé les 25 TWh à un prix moyen de 4,4 cents le kWh.

Interrogé, le chef de la direction financière de la société d'État a répondu qu'avec le froid qui s'installe, les prix étaient tirés vers le haut sur le marché des enchères. En période de pointe, le prix du kWh peut atteindre huit cents, selon M. Lafleur.