Endetté pour 32 millions $, Louis Garneau vise la relance

QUÉBEC - Endetté pour 32 millions $, le manufacturier d'équipements de sport Louis Garneau se cherche des investisseurs québécois pour renflouer la caisse.

Le fondateur de l'entreprise dit même être prêt à céder le contrôle de l'entreprise pour la sauver et la relancer.

En conférence de presse mardi à son siège de Saint-Augustin en banlieue de Québec, Louis Garneau a confirmé que son entreprise se plaçait sous la protection de la Loi sur les faillites et l'insolvabilité, le temps de se restructurer.

Il a mis à pied temporairement 66 employés de son quartier général de Saint-Augustin. Les activités internationales de l'entreprise, au Mexique, aux États-Unis, en France et en Asie ne sont pas touchées.

«C'est la course la plus difficile à laquelle j'ai participé», a admis l'ancien cycliste qui a dit avoir tout fait pour redresser la barre, sans succès, depuis les dernières années. À quelques reprises, il a dû s'interrompre, étreint par l'émotion.

«C'est ma deuxième "débarque" en deux ans, a-t-il illustré, faisait référence à une vilaine chute en vélo qui l'avait alors laissé mal en point. Mais celle-là me fait encore plus mal.»

Les faillites de deux gros clients lui ont causé de sérieux problèmes de liquidités depuis deux ans. Par la suite, toute son équipe des finances l'a déserté.

«On a perdu l'information financière à un moment donné», a-t-il concédé. M. Garneau dit maintenant être à la recherche du «meilleur directeur des finances», «la meilleure équipe des finances» au Québec, et même d'un directeur général.

L'entrepreneur a eu des échanges avec des investisseurs, qui sont toutefois davantage intéressés à contribuer une fois que la restructuration sera entreprise.

Il a aussi informé lundi le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, puisque Investissement Québec a fait un prêt à l'entreprise et est parmi les créanciers garantis, avec la Banque Royale -- pour un total combiné de ces deux créanciers d'environ 18 millions $. Environ 500 autres créanciers non garantis détiennent pour environ 14 millions $ de créances, a précisé Jocelyn Renaud, de la firme Raymond Chabot, désignée pour superviser le processus de restructuration.

M. Garneau a rappelé qu'il n'avait jamais reçu de subventions et qu'il n'en voulait pas non plus. «Je ne veux pas être aux crochets de l'État.»

L'homme d'affaires a assuré qu'il allait maintenir ses relations avec tous ses clients et fournisseurs et qu'il allait demeurer le commanditaire de l'équipe canadienne de cyclisme aux Jeux olympiques d'été de Tokyo.

La liste des créanciers sera rendue publique mercredi en cour. L'entreprise a un mois pour proposer un règlement à ses créanciers, mais peut demander aussi des prolongations de 30 jours jusqu'à concurrence de six mois.

M. Garneau a remercié les Québécois pour leur appui constant et leur a demandé d'être compréhensifs.

«On a besoin de compassion. Je demanderais du respect pour les employés, pour ma famille, de ne pas être méchants sur les médias sociaux. On n'a pas besoin de ça. On a besoin d'une solidarité québécoise importante.»