La COVID-19 affecte déjà les commerces qui craignent une baisse d'affluence

MONTRÉAL - Le secteur du commerce de détail envisage les jours et semaines à venir avec grande appréhension.

La directive généralisée d'éviter les endroits à forte fréquentation afin de limiter la propagation de la COVID-19 fait craindre aux détaillants une baisse d'achalandage qui pourrait faire très mal.

Évoquant la fermeture en Italie de l'ensemble des commerces à l'exception de ceux oeuvrant en alimentation ou en santé telles les pharmacies, le conseiller principal au Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), René Desmarais, note que l'appréhension est grande chez les membres.

«C'est sûr qu'il y a une préoccupation et on suit ça de proche, quant à ce que nos gouvernements vont dire. Pour nos détaillants, la marge bénéficiaire n'est pas grande. Arrêter les ventes ou diminuer les ventes de façon significative, ç'a des impacts majeurs sur la rentabilité des commerces.»

Il ajoute que le secteur n'a d'autre choix que de s'y préparer de toute façon.

«On n'a pas encore d'échos de l'industrie sur une baisse d'achalandage, mais on croit que ça va commencer éventuellement», a-t-il laissé tomber, jeudi, en entrevue avec La Presse canadienne.

Une accumulation de problèmes

Déjà, de nombreux commerces étaient mis à l'épreuve par d'autres problèmes, à commencer par la crise qui a paralysé le transport ferroviaire durant près d'un mois.

«Le blocus ferroviaire a créé un problème de refoulement des stocks dans des conteneurs, particulièrement ceux qui arrivent de la Chine. Ç'a congestionné le port de Vancouver, ensuite les gens se sont réfugiés sur le port de Prince Rupert. Puis, ç'a bloqué là aussi. Des courtiers m'ont dit qu'ils avaient même refoulé des bateaux. Et il y a eu plusieurs conteneurs pris sur les voies ferrées un peu partout à travers le Canada», a expliqué M. Desmarais.

Selon les échos qu'il en a, le refoulement devrait s'estomper et les produits attendus devraient être complètement distribués d'ici une semaine environ.

Sauf qu'après le transport, la pandémie est venue ajouter un nouveau problème.

«Avec le coronavirus, il y a plusieurs usines chinoises qui sont fermées, d'autres qui tournent à moitié. Ç'a un impact sur notre approvisionnement, mais c'est variable d'un à l'autre. Chez certains, il commence à y avoir des épuisements de stock et en même temps il y a moins de stock qui sort de la Chine à cause de ces fermetures et ces ralentissements.»

Trump: une décision qui inquiète

Comme si le tout n'était pas suffisant, la décision, mercredi, de l'administration Trump de bloquer les vols en provenance d'Europe fait craindre le pire.

«Nos membres s'inquiètent de voir le même type de blocage au Canada. Ça risque d'avoir un impact significatif parce qu'à l'intérieur des soutes de cargo d'un avion, il y a toujours de la marchandise. On pense aux dernières tendances mode italienne, aux produits de la France», a fait valoir René Desmarais.

Il est par ailleurs impossible pour l'instant de quantifier les effets négatifs de tous ces événements, mais «on va pouvoir mesurer l'impact réel dans trois mois quand Statistique Canada va nous donner les relevés des ventes au détail. On s'attend à ce qu'il y ait un impact, mais on ne sait pas encore de quelle ampleur».